• Vincent Hürner

Redevenir un enfant – By Vincent Kurmaer

Mis à jour : mai 15

Un élève a lancé cette phrase lors d’un de nos cours de Systema ici à Genève et j’ai trouvé ça très pertinent. J’y ai beaucoup repensé depuis et je n’ai pas trouvé de meilleur façon de résumer le Systema, tel que je le comprends, aujourd’hui.




Evidemment, celui qui la dite, spontanément, l’a sans doute faite sans aucune considération de tout ce qui suit ou en tout cas, pas consciemment (et si oui, c’est moi qui n’en ai pas eu conscience). …« c’est comme » car le Systema tel qu’enseigné par Michael Ryabko et Vladimir Vasiliev est indéfinissable. Au plus on progresse (ou vaudrait-il mieux dire « grandit ») à travers ce système, on plus on se rend compte de la profondeur et la richesse de ce qu’il y a à découvrir. La voie est le chemin et son essence et il est infini… A chacun de trouver sa définition et sa compréhension  en fonction de sa propre vision de la pratique, à un moment donné, et ce en fonction de l’endroit où il se trouve sur ce « chemin ». Définition mouvante car le système, libre avant tout, continue d’évoluer lui aussi, inspiré par les progrès constants de ses fondateurs et élèves. … « redevenir » n’est pas identique à « rester ». Rester un enfant n’aurait en effet que très peu d’intérêt. L’objectif de voyager, d’apprendre, de progresser est de revenir à son point de départ, fût-il en soi-même, enrichit, différent, avec quelque chose en plus et quelque chose en moins, les deux allant de pair de toute façon.

… « un enfant » car plus naïf, plus spontané, plus intuitif, plus souple, plein d’espoir, de rêves, bref un monde de possibles, de potentialités en soi. Un être dédié à l’apprentissage, au changement, étranger aux contraintes sociales, culturelles, ethniques, moins conditionné, etc…bref un être plus libre, plus créatif, plus à même à trouver des solutions et donc à survivre. … « des solutions » car à chaque « problème », son lot de solutions. On le voit bien dans la pratique du Systema, véritable allégorie de la vie quotidienne pour celui et celle qui sait « regarder », on peut toujours faire quelque chose même quand la situation « semble » désespérée. … « des situations nouvelles » car avant d’être cataloguée par notre cerveau, une situation est toujours nouvelle. Véritable machine à apprendre, notre cerveau identifie, trie, classe et range les expériences en fonction de notre ressenti par rapport à elles. Comme il ne nous ait pas amené à vivre « toutes » les expériences, nous nous basons également sur celles vécues par d’autres, ce qu’on nous en dit et tout un ensemble d’éléments plus ou moins valable et de toute façon qu’elle validité même pour les expériences vécues par nous-même. Deux situations sont très rarement identique, même si elles présentent des similitudes, et qui plus est les choses changent, nous changeons (enfin j’espère pour vous). Sonny Puzikas me disait récemment qu’un coup de poing n’était « coup de poing » qu’à partir du moment où il atteignait notre visage (c’est un concept, un parmi d’autres). Avant cela, c’était juste un poing et un bras qui bougeait dans l’espace devant vous. C’était juste un « mouvement » et avant que ce « mouvement » ne devienne un « coup de poing » il y avait mille et une choses à faire, autant d’opportunité pour la personne en face de faire quelque chose, d’agir… « Mille et une choses » pour autant que cette même personne ne soit pas paralysée par la peur de l’idée même du coup de poing, dans ce cas ses options seront en effet limitées. D’où l’importance de reconsidérer nos conditionnements par rapport à tout un tas de choses, un coup de poing notamment mais d’autres choses aussi, pourquoi pas…

Ne pourrions-nous pas aller jusqu’à transcender la notion même du bien et du mal et agir, tout simplement ? Comme me la dit un jour Vladimir, quelqu’un qui vient vous agresser est quelqu’un avec énormément de tension qui, peut-être à un niveau inconscient, croit que le fait de vous agresser va lui enlever tout ou partie de cette tension (si vous regardez  des interviews de tueurs en série célèbres, ils confirment). Si vous décidez de ne pas le/la laissez faire (pour une raison qui vous appartient), dites-vous que votre rôle est « simplement » de relaxer cette personne physiquement (ou psychiquement, mentalement, etc) fût-ce-t-il pour cela le/la mettre hors d’état de nuire ou pire. En boxe anglaise, pour ne prendre qu’un exemple visuellement parlant, quand un des boxeurs est mis KO, il est souvent complètement détendu… Alors comme tous les enfants, je vous invite à faire de chaque expérience de vie, une opportunité d’apprendre, d’expérimenter, de continuer à s’entraîner et bien sûr à jouer car il n’y a rien de plus important que le jeu. C’est en effet, la meilleure façon d’apprendre....

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